Philippe BOUVARD (1929-2026)

En nous quittant le 24 août 2026, Philippe BOUVARD enterre toute une époque qui parait bien lointaine aujourd’hui, celle de l’humour caustique, dépourvu de toute vulgarité.

Philippe BOUVARD est né le 6 décembre 1929 à 2h30 à Coulommiers.

La dominante est très nettement l’amas en Scorpion en maison III. La maison III est celle de la communication, du journalisme, de l’écriture, domaines où Philippe BOUVARD excella toute sa vie. Le Scorpion est l’animal qui pique, et le journaliste mondain qu’il fut à ses débuts, ne s’en est pas privé. Mercure, maitre de X en III, dans les rayons du Soleil, illustre parfaitement la carrière de journaliste à succès.

Mercure, en parallèle de déclinaison avec la Lune, est au sextile de l’ascendant.

La Lune est très importante quand l’on fait une carrière en rapport avec le public. Non seulement elle est haute en déclinaison et en parallèle avec Mercure hors limite, mais elle fait un trigone au mi-point Kethu/Neptune, les deux planètes qui encadrent l’ascendant. L’aspect est partile et vaut donc une conjonction à ce mi-point. J’ai placé sur la carte les deux mi-points qui me paraissent importants, celui des planètes encadrant l’ascendant (Kethu et Neptune) et celui des planètes encadrant le milieu du ciel (Pluton et Neptune). L’on voit l’importance de Neptune dans ce ciel de naissance. Même physiquement l’on peut constater l’importance de Neptune avec un corps plutôt large, les muscles retenant l’eau. Le mi-point Pluton/Neptune a plutôt joué sur le destin. Ce mi-point est au sextile exact et partile de la conjonction Cérès/Jupiter. Cérès est le maître de l’ascendant Vierge avec Mercure. Jupiter amplifie ce qu’il touche, à savoir les qualités propres à Cérès, la méthode, la rigueur, et la critique. Jupiter en maison IX apporte son lot de chance, indispensable à toute réussite. Jupiter envoie ses rayons bénéfiques à l’amas en maison III par opposition.

Denis LABOURE a écrit que lorsque le maître de l’heure était conjoint à une autre planète, cette dernière prenait le pas sur la première. L’on peut se demander si ce n’est pas la même chose avec le maître de l’ascendant ; ici Cérès qui transmet le témoin à Jupiter. C’est très intéressant dans ce thème où la conjonction est en maison IX, associée au père chez les Indiens. La maison du père est occupée par Cérès qui, en tant que maître de I représente les gênes, l’apport biologique, Jupiter représentant le beau-père qui lui tiendra lieu de vrai père, puisque Jupiter est maitre de IV, la maison familiale.

Il serait faux de croire, qu’avec de telles configurations, la vie de Philippe BOUVARD, fut de tout repos.  Le journaliste est né à l’heure de Saturne. Il faut construire sa vie. Rien n’est donné à la naissance. Il est enfant unique (Saturne). Son père, Marcel Bouvard, quitte sa mère le jour même de sa naissance. Bouvard a donc été essentiellement élevé par sa mère, Andrée Gensburger, qui était opticienne et issue d’une famille juive alsacienne, et son beau-père. Pendant la guerre, sa mère et lui durent souvent déménager à plusieurs reprises pour échapper à l’arrestation. Néanmoins, Saturne a aussi ses bons côtés. Saturne, c’est la durée. Il s’est marié le 31 décembre 1953 avec Colette SAUVAGE, mariage qui a duré plus de 70 ans jusqu’à son décès. Jupiter, maitre de VII est dans un Nakshatra de la Lune en Capricorne, signe de saturne.

Saturne, situé en maison IV et non affligé, promettait aussi une longue vie. Pourtant, à la fin de sa vie, Saturne revient à la charge, Philippe BOUVARD devenant sourd (typique des effets saturniens). Selon l’astrologie de l’Inde, Saturne envoie un aspect à la maison I et donc au mi-point Kethu/Neptune. C’est pendant sa période Kethu/Saturne qu’il devient totalement aveugle. Kethu est traditionnellement lié au détachement, à la perte des facultés sensorielles. Kethu est en maison II est rattachée à la vue. De plus, Kethu est dans un Nakshatra dominé par Rahu qui est en maison VIII et dans un Navamsa dominé par le Soleil qui est en maison III (8ème de VIII) et conjoint à Mars, maître de VIII. La maison VIII est liée aux pertes. Tout se tient et surtout, tout s’explique.

Maintenant, je voudrais parler du rapport à l’argent qu’il a eu toute sa vie professionnelle.

Tout d’abord, une petite parenthèse. L’on sait que Saturne est le maitre de l’heure. Une règle occidentale veut que les maisons qui suivent l’ascendant aient aussi leur maitre de l’heure en suivant l’ordre chaldéen des planètes qui, rappelons-le est l’ordre des planètes des plus lentes et des plus éloignées du Soleil aux plus rapides et aux plus proches, à savoir Saturne, Jupiter, Mars, Soleil, Vénus, Mercure et Lune. Comme Saturne est le maître de l’heure en partant de la maison I, Jupiter est donc le maitre de l’heure pour la maison II. Or, ici, Jupiter en Taureau (signe matérialiste) en maison trigone à l’ascendant, est particulièrement favorable.

 Kethu est la seule planète en maison II ; elle encadre l’ascendant avec Neptune, mais surtout est encadrée par Neptune et Vénus. Neptune fait rentrer l’argent et Vénus en détriment dans le Scorpion le fait sortir. BOUVARD a reconnu qu’il aimait l’argent et qu’il avait aimé flamber. Kethu est dans un Nakshatra de Rahu en maison VIII et du Soleil en maison III. L’on en revient à une caractéristique, maintes fois soulignée, que les Nœuds lunaires donnent au-delà de l’attendu et reprennent. C’est exactement ce qu’a vécu Philippe BOUVARD. Il flambait tellement qu’il a fini par être interdit dans les casinos où il jouait presque chaque jour au poker. Il ne jouait pas que pour l’argent, mais pour l’excitation, l’adrénaline, le goût du risque : conjonction Soleil/Mars (ça flambe) à l’opposé de Jupiter (augmente ce qu’il touche). Ce n’était pas, à proprement parlé, un joueur compulsif. Il était très conscient de ce qu’il faisait (conjonction Mars/Soleil à l’opposé de Cérès, la planète de la raison), et, le moment venu, dans sa grande période de Kethu, il sut choisir une vie plus simple en vendant ses 200 voitures et ses 3 maisons avec piscine, pour adopter un mode de vie plus humble et sans aucun regret.

Beaucoup d’humoristes lui doivent leur début de carrière : Mimie MATHY, les 3 Inconnus avant qu’ils ne s’unissent (Didier BOURDON, Bernard CAMPAN, Pascal LEGITIMUS), Muriel ROBIN, Pierre PALMADE, Jean-Marie BIGARD, Michèle BERNIER, CHEVALIER et LASPALES, SMAÏN. Ils ont connu des destins divers, mais ils lui sont tous redevables de leur avoir fait confiance.

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